Professionnel de la petite enfance et portage… simple et utile

Porter les bébés / Pratiquer le portage

Qu’on se le dise, les professionnels de la petite enfance portent les bébés ! Là-dessus, aucune controverse.

En revanche, qu’on demande à un.e. pro s’il.elle pratique le portage « alors là non ! ».

Quels que soient les arguments, en faveur ou non, de cette pratique, il reste difficile de faire entrer les moyens de portage dans les structures d’accueil, collectives ou individuelles.

Et si on simplifiait cette idée de « portage physiologique »  ? Si on considérait simplement que ces différents morceaux de tissus sont des outils venus suppléer les bras de nos professionnel.le.s ?

Echarpe de portage, écharpe sans nœud, écharpe avec anneaux, porte-bébé préformé, mei-tai, onbuhimo, pagne… un nombre incroyable de possibilités s’offrent à nous lorsqu’on commence à s’intéresser à l’univers du portage physiologique.

L’idée principale à retenir c’est que ces différents moyens de portage, une fois bien installés, ont de nombreux avantages, pour les bébés évidemment, mais également pour les professionnels de la petite enfance.

Pour les enfants portés

Pour les enfants portés, le portage apporte bien être, sentiment de sécurité, aide à la digestion et à l’endormissement, prévention des malformations du crâne… et bien d’autre encore, les études ont largement démontré les bienfaits de cette pratique pour nos petits bouts. Il est même prouvé que porter les enfants stimule leur développement émotionnel et cognitif !

Pour les porteurs

Pour les porteurs en revanche, il est parfois difficile de comprendre en quoi cette pratique pourrait nous faciliter la vie professionnelle. Alors voici quelques exemples des bénéfices, pour nous professionnels de la petite enfance

  • Proximité avec l’enfant donc établissement d’un lien affectif facilité
  • Enfant rassuré, moins de pleurs assurés ! (hyper intéressant pendant la période d’adaptation aussi, pour faciliter la transition du parent au pro)
  • Bras libérés pour d’autres activités, comme accompagner un autre enfant marcheur par exemple (car il n’est pas nécessaire de soutenir l’enfant avec un bras lorsque le moyen de portage est correctement réglé pour le porteur et le porté)
  • Finis les malpositions de la colonne vertébrale adoptées lors du portage à bras donc adieu le mal de dos (encore une fois, il est nécessaire que le moyen de portage soit choisi en fonction des préférences du porteur, et les réglages bien adaptés)
  • Renforcement du sentiment de compétence car en aidant l’adulte à trouver une réponse aux besoins des enfants, la pratique du portage permet de renforcer la confiance en soi et en sa pratique, on se sent donc plus compétent face à un enfant qui pleure, on aborde les situations plus sereinement… l’ambiance générale est plus apaisée et c’est le cercle vertueux qui se nourrit !

Attention toutefois à ne pas passer du cercle vertueux au cercle vicieux… il est facile d’imaginer la scène : un pro qui ne parvient pas à nouer son écharpe alors qu’un enfant pleure… le pro s’énerve, l’enfant redouble de pleurs, le pro se sent observé par ses collègues, les autres enfants se tendent… bref, une journée à oublier !

Précautions à prendre avant de pratiquer le portage

Plusieurs précautions semblent importantes pour instaurer cette pratique dans les structures d’accueil et surtout pour qu’elle y perdure :

  • FORMER LES EQUIPES : tester, manipuler, apprendre un nœud ou apprendre à régler un porte-bébé, nettoyage… la formation doit être rapide et tournée vers la pratique. Nul besoin de partir 2 jours en formation, il est plus utile de prévoir un premier atelier qui permettra de découvrir plusieurs moyens de portage et leurs particularités, puis de programmer régulièrement un atelier « recyclage » d’une heure qui permettra de revenir sur la pratique, répondre aux interrogations, trouver des solutions personnalisés, revoir un nœud ou en apprendre un autre… et former les nouveaux professionnels arrivés entretemps.
  • EQUIPER les professionnels : lors de la première formation les pro testeront différents moyens de portage et tenteront de trouver celui qui correspond le mieux à chacun, en fonction de sa morphologie, de son aisance avec le nouage, des douleurs éventuelles déjà présentes… Certains préfèreront l’écharpe pour la sensation de douceur, d’autres le porte-bébé pour la rapidité d’installation… à chacun son petit préféré, ce qui est important c’est surtout de laisser à chacun le choix de son outil ! Vous verrez que non il n’y aura pas autant de moyen de portage que de pro…et finalement pourquoi pas ? ; a-t-on déjà vu un chef cuisinier travailler sans ses propres couteaux ? N’ont-elles pas déjà leurs propres chaussures, leurs propres tenues… on pourrait considérer ce nouvel outil comme un équipement indispensable à la prise de fonction du professionnel !

Si vous avez encore des réticences à imaginer que ce soit possible en collectivité, dites vous bien que les bébés ne sont pas portés en permanence et que certains n’aiment pas ça. Il n’y aura pas de jalousie, chacun son moment et son besoin de réassurance. Et pensez aussi aux sorties à l’extérieur qui seront facilitées… un bébé dans le porte-bébé, deux dans la poussette, un autre qui marche en tenant la poussette… une sortie bien rentabilisée, pour tout le monde !

 

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez plus d’informations sur ces sujets, nous pouvons notamment organiser avec vous les ateliers d’initiation au portage, et les ateliers de « recyclage ».

A propos de l’autrice :

Sophie Garnier est infirmière puéricultrice. Après avoir exercé en services hospitaliers de pédiatrie et néonatologie, elle a ensuite travaillé en PMI (Protection Maternelle et Infantile). Elle a rejoint l’équipe Tikoantik en décembre 2022 en tant que conseillère vente pour accompagner et conseiller les clients professionnels.